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A World Of Words

Samedi 24 juillet 2010 à 21:15


Blog en remaniement...

Vendredi 3 avril 2009 à 0:27



Jeudi, le 2 avril 2009
 
Le drapeau français flotte sur la flèche de la cathédrale de Strasbourg. Encore une fois. Pourtant, nous ne sommes pas à l’époque de la Seconde Guerre Mondial mais bien à l’orée de l’année 2009.
Nous nous trouvons au printemps, la veille de la tenue du sommet de l’Otan… occasion unique dans une vie… dans la mienne certainement…
L’atmosphère est douce, étonnamment douce depuis deux-trois jours, le vent qui rugit en continu autour de la Dame Rose de Strasbourg semble lui-même avoir accroché une rose printanière à son col et seule une légère brise se laisse sentir, voilà qui allège l’atmosphère lourde qui s’était abattue sur la ville. Le ciel est d’un beau bleu outremer, la lune a brillé tout contre le chef de cette majestueuse Dame de pierre. Néanmoins, quelque chose m’oppressait… pour la première fois depuis que je suis dans cette cité historique, le besoin de reprendre la plume, oui, ce besoin qui vous serre le cœur jusqu’à vous couper la respiration, m’a reprise. Mais me voilà sans plume ce soir : j’ai envie de partager mes sentiments, pour une fois…
 
 
Dès ce matin du jeudi 2 avril 2009, on pouvait sentir un petit quelque chose dans l’air, et non, il ne s’agissait pas d’un quelconque crottin de cheval des gendarmes, quoi que. Cela n’est qu’un élément de plus qui s’ajoute à l’excitation des gens. Oui, les gens sont étonnamment vifs ce matin, malgré une nuit peut-être courte la veille. Me voilà moi-même fatiguée et assise en cours, une heure plus tôt que d’habitude en prime. Des rumeurs frétillantes et aigues se font entendre en classe. Oui, les quelques chanceux qui vont assister à l’intervention du nouveau Président des Etats-Unis d’Amérique, M. Barack Obama, doivent aller retirer leur invitation à 10h… heure non plus symbolique pour les dix minutes de joyeuses conversations autour de la bouilloire hypokhâgneuse.  Les voilà, fiers, nos joyeux conquérants ; ils ont bien le sentiment d’assister à quelque chose de très certainement unique… nous partageons bien cette impression… mais avec une pointe d’envie, il faut bien l’avouer… mais la fortune en a décidé autrement. Je ne ferai pas partie de ces quelques privilégiés. Peut-être que cela est mieux ainsi.
J’observe toutefois avec convoitise les invitations de mes camarades, quelle chance ont-ils d’avoir tel sésame… nous sommes jeunes, et cela peut nous apparaître comme le seuil sur un monde nouveau, le monde des adultes, des projets, de l’Histoire… et si, nous aussi, nous marquions cette vieille flèche de notre empreinte ?
 
Mais la matinée poursuit à nouveau son cours. Le temps passe. En sortant du cours de civilisation allemande, où l’excitation se fait sentir au sujet de la venue de telles sommités dans le bâtiment historique qui fait face à notre lycée, rendez-vous avec l’Histoire… nous aussi, nous y étions, mais restons modeste… pléthore de gens y seront aussi…
En fin d’après-midi, l’air est chaud, le soleil darde toujours un joli minois qui réjouit les tenanciers des salons de thé, tout le monde semble s’être donné le mot pour faire un pied-de-nez à « l’état de siège » qui règne sur la capitale européenne, au moins incontestée pendant deux jours. Ou peut-être est-ce pour observer avec une curiosité et une gourmandise non dissimulées les préparatifs d’une nouvelle et plus réussie, je l’espère en mon cœur, « Invincible Armada ». La place du château, entre le lycée Fustel de Coulanges, ma Dame rose la Cathédrale de Strasbourg, et le Palais des Rohan, est une fois de plus recouverte de voitures. Le no man’s land de la veille est déjà bien oublié. Sauf… trois fois sauf !… ce ne sont plus les voitures des touristes et des Strasbourgeois qui stationnent en ce lieu, mais bel et bien une bonne dizaine de camionnettes de la gendarmerie –comme à chaque coin de rue… et leurs patrouilles qui, soit circulent, soit tiennent leur poste- ; autant de chevaux (de la Garde Nationale ? Certains cavaliers portant la tenue et l’équipement des CRS, je n’en suis donc pas trop sûre) et les vans qui les transportaient, les fourgonnettes de police, les voitures civiles ou non des forces de l’ordre… (Je vous conseille en lieu et place de la F1 le dimanche après-midi d’assister aux « rondes » des voitures de police banalisées sur la place de la Cathédrale by night… Tout comme la présence de femmes en tenue mini, mini, mini, auprès d’une patrouille au même endroit… alors qu’il fait nuit et que le quartier zone rouge est censé être bouclé…), les voitures d’Etat, la camionnette qui décharge le matériel, -les ‘plots’ en or et à cordon rouge pour le tapis du même nom, les projecteurs et déjà des caméras-, ainsi que tous les fonctionnaires en costume-cravate ou uniforme qui sillonnent le centre-ville. Certains sont très sympathiques comme ceux qui occupent la camionnette au bas de mon immeuble, d’autres sont plus silencieux. En tout cas, la ville fourmille.
 
A 16 heures, la tension commence à se faire sentir, mais quel plaisir plus tard d’aller en compagnie de ma cousine me défouler en bicyclette autour du Parc de l’Orangerie, dans l’espoir de croiser des voitures consulaires. La brise est une plume qui titille vos cheveux libres, le soleil se fait plus bas et colore le ciel de belles nuances chaudes. Peu de personnes dans les rues éloignées du centre-ville, seuls quelques joggeurs savourent également cette quiétude du soir.
 
 
Je rentre chez moi. Après le dîner et le retour en zone rouge –quel privilège de résider au plus près des événements !-, nous allons, Maman et moi, nous balader dans les rues de l’hyper-centre… l’Otan m’aura au moins appris un mot barbare de plus… Je me retrouve donc dans la rue la plus animée de Strasbourg qui apparaît soudain comme un vaste désert. La place du Marché Gayot frissonne certes encore des voix joyeuses de petits malins qui veulent rester en zone interdite le plus longtemps possible, mais la rue des bars, elle, est déserte. Seules quelques paroles fusent, ici et là, assourdies. Souvent en anglais avec un accent américain fort prononcé… voilà la nationalité des personnes les plus nombreuses dans les rues ce soir… Strasbourg sans touriste, Strasbourg morte ? Non. Strasbourg vibre, et je ne parle pas des moteurs des CRS qui tournent dans la nuit. Je ne les envie guère pour l’ennui que cela doit occasionner de rester là, sans bouger. J’irais bien leur apporter un café, mais il se fait tard. Les rues sont calmes, ah non. Dans cette petite rue aux restaurants typiquement alsaciens et qui descend vers les quais, je peux entendre une Marseillaise chantée par des voix enfantines et quelques peu mal placées… sans compter les fausses notes. Mais quelle candeur se dégage encore de ces gamins qui agitent leurs drapeaux aux couleurs de l’Europe en tournant sur eux-mêmes comme des toupies. Eux aussi semblent avoir conscience qu’il se passe quelque chose, mais à mieux les écouter, on peut vite se rendre compte qu’ils ne comprennent guère de quoi il en retourne. Leurs éclats de rire joyeux me poursuivent encore alors que je m’approche de l’Ill pour rêver, accoudée à une barrière métallique.
 
Le cours d’eau est paisible maintenant. Personne ne l’assaille, la semaine dernière en effet, les services de police le parcouraient en zodiac, voilà qui changeait quelque peu cette rivière alsacienne des bateaux-mouches. Je suis là, tranquille, à laisser mes pensées couler doucement, au rythme de l’eau, comme j’aime souvent à le faire lorsque mon cœur est tourmenté par des idées sombres. Tout est doux, silencieux. Les drapeaux flottent dans l’air, en cadence avec les gyrophares bleutés des voitures sombres qui passent. Vite.
Soudain, un sourire, une voix grave, une gentille attention. Je relève la tête et me voilà nez à nez avec deux policiers qui patrouillent. Un sourire surpris et timide, et me voilà qui repars vers la civilisation, je repasse devant les enfants qui jouent et me rappellent douloureusement mon enfance insouciante, les soirs de fête au village, où nous nous retrouvions à courir sans raison, en tous sens, dans le seul but, semble-t-il, de nous épuiser. Et puis de rire. C’était bon. Je les envie… mais j’aimerais leur dire de prendre conscience de ce qu’ils vivent, que vite ils passeraient sans regret à autre chose… avant de repenser à cela et de se souvenir que les joies simples ne sont pas si naïves que cela… mais passons, ils ne comprendraient pas et cela est inutile de leur gâcher leur amusement.
Je remonte la ruelle vers la cathédrale, envie les journalistes reconnaissables à leur badge et qui dînent sur les terrasses. Moi aussi, j’aimerais être l’une des leurs pour présenter à plein de monde un tel événement. Et puis, devant un magasin face à ma Dame rose, mon cœur s’est étreint. Une fois. Pas plus, non, je suis toujours en vie. C’était ce petit pincement qui vous rappelle que vous êtes en vie comme les moustiques vous rappellent que vous êtes dans un lieu humide en été. Aie. Pardon.
 
 
J’ai envie d’écrire. Ce calme, ce silence, cette ambiance, tous les éléments fugitifs qui m’inspirent et me poussent à écrire sont réunis ; mon âme, trop sensible sans doute, est de nouveau éveillée à la vie et au printemps. J’ai envie de coucher sur le papier ces sensations et sentiments qui m’ont parcourue ce soir. La liberté et l’impression de vivre en roulant comme une folle gamine dans des rues désertes et inconnues, avec le vent et le soleil caressant, le repos de ruelles lumineusement sombres, la complaisance dans une nostalgie enfantine, et cette envie romantique de m’asseoir là, devant la Cathédrale dans les bras de la personne que j’aime. Sans bouger, sans parler, sans peut-être même regarder quoi que ce soit. Etre là. Etre. Tout simplement. 
 
 
Minuit, heure-tournant. Bonne nuit d’une noctambule devant son ordinateur.

Mardi 30 septembre 2008 à 20:12

           Un jour, encore un jour, ou plutôt non, plus qu'un jour, un seul jour... J-1 et voilà 18 années à 23h49 que je suis née.  18 ans. Symbolique. Majeure, certes. Seule? Je ne le veux pas. 18 ans que je fêterai avec des amis. Et les autres ce week end. J'espère. 18 ans de quoi? 18 ans qu'une graine pousse sans être arrivée à maturité quoi que l'on en dise. 18 ans qui ne représentent rien de concret. L'arrivée à l'âge adulte. Est-ce déjà valable de compter ce que l'on a vraiment vécu? D'aucuns disent que non. Je trouve que j'ai déjà vécu, un peu. Qu'ai-je fait en 18 ans?

En 18 ans: -apprentissage à parler, marcher et écrire

                 - 3 ans de maternelle 'La Clairière', 5 ans de primaire 'François Mauriac', 7 ans de collège-lycée Saint-André et 1 mois de prépa au lycée Fustel de Coulanges

                 - 9 ans de musique, 7 ans de danse et 10 ans de chant

                 - voyages à partir de 1999

                 - rencontres de personnes géniales...

                 - des erreurs et des réussites, des choses dont je suis fière ou dont j'ai honte, des moments difficiles et de peine mais aussi du bonheur...

                 -  936 semaines; 6 580,8 jours; 157 939,2 heures; 9 476 352 minutes et 568 581 120 secondes

                 - tellement de personnes qui comptent pour moi...

 

Pour tout ce que vous avez apporté à ma vie, pour tous nos moments partagés, pour les larmes et les rires, pour nos souvenirs, pour notre amitié... 

Merci

Demain... majeure! En janvier le permis, ma Titine, la liberté... mais je veux juste son baiser...

Lundi 22 septembre 2008 à 21:45

Le quotidien d'une préparationnaire, ça vous tente?

Vu les préjugés sur les prépas je comprends ceux que cela hérisse, moi même cela me rebutait, j'en faisais des cauchemards. Le jour de la rentrée j'ai eu la joie de voir ma cousine (en hypo comme moi) qui m'attendait au pied de chez moi (la veille au soir j'ai concurrencé les Chutes du Niagara avec mes larmes). On s'est retrouvé avec une ex-saint-andréenne près de la cathédrale de Strasbourg . En arrivant devant le lycée, on entendit un hurlement familier: "waaaaaaah la populasse de Saint-André! Enfin des têtes connues e dehors de ces coincés!" Ok... une autre ex de Colmar qui n'aime pas les prépas mais accompagne une de ses amies... et chouette on s'est faites repérées par notre nouveau lycée... vive la réputation! Et en plus y'a franchement pas une majorité de coincés. Il y a plutôt une belle mixité sociale je dirais et pourtant le lycée est côté. Ce n'est d'ailleurs que vendredi que j'ai réellement pris conscience que j'étais dans un lycée ayant d'autres élèves que les prépas en étant perdue au milieu de lycéens pour chercher un bouquin au CDI 'nan mais franchement en 1è ils abusent, vive la Seconde quoi!' (allez en prépa... ), cela m'a fait penser, non sans un pincement au coeur, à mon ancien bahut qui tourne comme avant, j'ai l'impression d'être oubliée. Pendant sept ans j'y ai vécu (demi-pensionnaire en plus...), je m'y suis investie et puis tout n'est plus que souvenir... On m'a certainement déjà aussi oubliée, à part ceux que j'ai traumatisé . Ce soir (premier soir avec internet dans mon studio...), ce pincement est plus fort encore comme je réécoute les musiques qui m'ont suivies tout mon lycée, je ne les avait plus écoutées depuis si longtemps, j'ai l'impression de refaire un bond dans le passé, avec les sentiments, les tristesses et les joies que j'ai vécus...étrange et douloureux...

La prépa se passe pourtant bien pour l'instant...

Soirée d'intégration? Oui! Déguisés pour la classe de HK1 (Hypokhâgneux 1 ou optionnaires grec... malades jusqu'au bout... ça me change de mon rhume qui commence à me lanciner de manière franchement insupportable) avec un métier commençant par 'C' (les HK2 ou non optionnaires de grec en 'S'). J'étais toute en noir, un croque-mort. Non je ne suis pas dépressive. La soirée s'est supe bien passée, c'était une belle occasion de renforcer des liens... cela a fini en beuverie généralisée (j'avais peur pour la moitié des Bizuts et Carrés et Cubes: comment rentrer quand on ne tient plus debout?)

Voilà donc les événements principaux de la prépa... ah si pour nous parler des colles, le prof d'histoire nous a raconté comment il a été enfermé dans un bâtiment le soir avec une étudiante après sa colle, engageant, non? Sinon mon lycée est mitoyen d'un Séminaire, les étudiants de cet établissement ont été affectueusement qualifiés de jeunes Julien Sorel par la prof de lettres qui a de l'humour, c'est agréable aussi de l'écouter quand elle lit du Proust.

Là, j'ai internet et pourtant je me sens seule, ceux qui sont sur Stras' n'ont pas encore tous le net, et msn grouille de vide, enfin de gens avec qui je veux parler... et en prime je culpabilise parce que je ne suis pas en train de bosser... J'ai peur que ce que j'ai écrit paraisse déprimant, mais si si j'aime la prépa, y'a ce que j'aime, pourvu qu'on me laisse aller à mon aise... (on voit que c'est la rentrée... mes articles rallongent... je crois que le prof de colle a demandé plus de concision, soutenance trop longue, je me disperse...là je décolle..)

Jeudi 19 juin 2008 à 22:29

... 17h30: une voix "c'est finiiii! Rendez vos copies!" Soupir général, puis regard d'espoir, on se regarde, oui c'est vrai! On est en

            VACANCES!!!

         Bac d'allemand vorbei, comme toutes les autres épreuves, bref une fin en feu d'artifice après un départ de canard dans la mare (ou comment faire hors sujet en philo sur Sartre, et confondre des notions élémentaires en histoire... alors que j'aime ces matières en plus et que mon niveau n'était pas si mauvais... *déçue*)

... 17h30: je quitte mon lycée après y avoir passé sept années (4 de collège et 3 de lycée), une page se tourne, des amis partent à l'autre bout de la France (en définitive je reste sur Stras' en Prépa à Fustel... à moins que j'ai loupé mon bac), mes profs et le cadre me manqueront, et je ne reverrai Le Cygne* qu'une fois encore à la fin du mois... de quoi rendre le déchirement encore plus douloureux!

...17h30: une heure étrange pour finir un pan de vie, le lycée s'est déjà vidé, mais aujourd'hui le quotidien a repris pour le collège pour encore quelques jours encore...

...17h30: le temps des au revoirs avec la promesse de se revoir... mais la tiendra-t-on?

...17h30: j'y serai de nouveau tout à l'heure, je serai devant mon cher bahut pour passer un de mes manuels, 24h après le début des vacances...croiserai-je avant Le Cygne*? J'en doute mais je m'y accroche...

...17h30: et j'espère encore des milliers de choses à s'accomplir tous les jours à cette heure-ci...

// *.°¤ Lycée Saint- André- Colmar ==> Lycée Fustel de Coulanges- Strasbourg ¤°.* //

La Ptite Marie va être adulte et étudiante...

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